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11.05.2009

Demis de retour !

En 1967, un coup d’état militaire renverse le gouvernement grec.  En ces temps troublés, être un intellectuel de gauche et avoir les cheveux longs étaient plutôt mal vu ! Or, les membres du groupe Formynx (Vangelis aux claviers, Demis à la basse et au chant, Lucas Sideras à la batterie et Silver Koulouris à la guitare) ont un peu tous ces défauts.

Ils décident de prendre le large et se rebaptisent Aphrodite’s Child, pour bien signifier leur exotisme méditerranéen au public d’Angleterre… Néanmoins, de passage en France, ils se retrouvent au cœur des événements de Mai 68. Ils font un tabac ! une flopée de 45 tours voient le jour, « It’s Five O’ Clock », « I Want To Live », « End Of The World »… On y distingue déjà quelques pépites, notamment sur les faces B, nettement moins conventionnelles. « You Always Stand In My Way », en particulier, donne une occasion unique d’entendre Demis Roussos s’égosiller sur du hard psychédélique. Mais en 1969, tout ceci devient trop routinier pour Vangelis, qui entreprend l’écriture d’ « Apocalypse 666 ». Tandis que ses camarades continuent de tourner de gala en gala, avec un remplaçant à l’orgue (Lakis Vlavianos), il s’enferme en studio avec sa Bible et ses synthétiseurs, pour entreprendre l’une des aventures musicales les plus folles de l’époque. Et ce n’est pas peu dire !

L’écriture et l’enregistrement durent trois ans. Vangelis invite les uns après les autres des collaborateurs de toutes sortes : les Aphrodite’s Child, bien sûr, mais aussi le poète Costas Ferris, la comédienne et chanteuse Irene Papas, l'acteur Vannis Tsarouchis… toute une génération d’exilés pleins de fougue qui imposeront leur patte au projet. Dans les rares interviews qu’il accorde à la presse, l’organiste semble ailleurs. Il explique que Saint Jean avait tout prévu : 68, Altamont, la Guerre du Vietnam, la télévision, bref, que le monde est en train de vivre l’apocalypse.

Lorsque le double album final paraît, en novembre 1972, le groupe n’existe plus vraiment, Demis Roussos ayant déjà enregistré « We Shall Dance » (1971), le premier de ses tubes consensuels destinés aux familles. Et pourtant, l’album est un authentique chef d’œuvre, un pont entre la folie brute du psychédélisme et les recherches cérébrales du rock progressif. Les musiciens, au sommet de leur art, passent sans encombre de la pop post-
Beatles (« Hic And Nunc », « Babylon », « Break ») au hard-rock (« The Four Horsemen », « The Battle Of The Locusts », « Do It ! ») ou aux longues envolées planantes (“Altamont”). Surtout, le disque brille par ses écarts expérimentaux, notamment « ∞ », où Irene Papas, accompagnée de percussions déchaînées, évoque un orgasme long de six minutes. L’ensemble, maîtrisé au détail près, est complètement improbable, mais d’un goût parfait.

Les Aphrodite’s Child ne survivront pas à l’échec commercial (prévisible) de l’album et il faut encore aujourd’hui se battre pour qu’il soit cité parmi les meilleurs disques de l’histoire du rock. Vangelis a largement compensé ce gouffre financier, grâce ses albums électroniques et ses musiques pour la télévision (« L’Apocalypse Des Animaux », « La Fête Sauvage ») ou le cinéma (« Les Chariots De Feu », « 1492 »).

 

Et voici Demis Roussos qui nous revient…mais avec une voix qui n’est plus du tout la même ! Sa voix qui m’a fait rêver…

Commentaires

c'est vrai que ce titre :" its five oclock" est un pur standard et que même de nos jours, on continu de l'entendre sur certaine radio !

Écrit par : norbert | 11.05.2009

je me disais, de la politique ... et bon, ce soir c'était pas ma tasse de thé !!! mais là très très intéressant, je ne savais pas que tout ce beau monde avait fait partie du même groupe ....
bonne soirée

Écrit par : andrée | 12.05.2009

Les commentaires sont fermés.