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17.02.2009

La situation en Guadeloupe !

Les barrages sur les routes, les stations-services bloquées par les manifestants, l’électricité coupé durant plusieurs heures… pas de possibilité d’acheter une bouteille de gaz, mettre de l’essence dans la voiture, de se rendre au boulot. La seule voie pour Jarry (zone industrielle où la plupart des habitants de Pointe à Pitre ou des villes environnantes travaillent) coupée par un barrage constitué de voitures brûlées, de pneus… Tout cela, je l’ai vécu, ponctuellement de 1999 à 2001 : date de départ de cette île « paradisiaque » pour la Métropole !

Cela avait commencé par un accueil plutôt glacial pour une île des Caraïbes : les slogans « Français, rentrez chez vous, vous n’êtes pas ici chez vous » fleurissaient sur l’itinéraire de l’aéroport jusqu’au centre des Abymes (ville accolée à Pointe à Pitre). les vaches efflanquées sur les ronds-points étaient du domaine du typique ainsi que le marchand tendant à bout de bras ses langoustes au bord de la route. J’ai mis du temps à m’habituer ! Dans les supermarchés régnaient la couleur blanche pour les clients et la couleur noire pour les caissières. Dans les Leader Price ou magasins du même type, j’étais parfois la seule blanche parmi les clients… Je me souviens de ce supermarché fermé un mois par les manifestants. Je me souviens de ce « sale blanc » lâché par une de mes collègues antillaises à « son cher patron », je me souviens de celles-ci ne s’exprimant qu’en créole et leur étonnement quand je leur répondis ! Au bout d’un certain temps, je compris le créole même si je ne le parle pas…

Et puis vient le moment où on s’habitue, je n’entendis plus ce prêcheur à la radio scander d’une voix véhémente des propos sur les blancs maîtres de la Guadeloupe. Je me mis à désigner, comme les antillais le font, quelqu’un par sa couleur : un blanc, une chabine, un métis, un noir, un négropolitain (un noir de Métropole)… Je me promenais dans Pointe à Pitre, seule, sans souci. Je remarquais, toutefois, le ton déplaisant de celui ou celle qui officie à la Poste ou autre administration mais ce n’est pas qu’après nous, blancs, les antillais « bénéficient » du même regard et du même accueil déplaisant ! J’invitais mes collègues antillaises à l’apéro, même Flore, advantiste du 7ème jour qui voit des choses incroyables lors des messes. J’allais déguster une langouste dans un Lolo (petit resto) fréquenté par les antillais. Et puis on entend, à nouveau, à la télé, des propos sur les békés, ces descendants de colonialistes…

Les souvenirs reviennent : cette patronne "métro" colonialiste dans l'âme, qui vociférerait tous les jours, traitait ses collaborateurs de voleurs, de fainéants ! Ma demande d’arrêter de nous traiter comme des chiens avait été suivie d’une punition magistrale : tous les jours, une feuille m’attendait sur mon bureau avec des phrases écrites en rouge me dictant mon programme de la journée… Mes collègues antillaises avaient baissé les yeux lorsque celle-ci m’avait accusée d’avoir écrit un courrier non avenu, je reconnu l'écriture de ma collègue, Marcelle, je pris la semonce sans la dénoncer ! Je me dis qu'elle est, peut-être, dans cette foule à hurler son mécontentement. A plusieurs, on se sent fort !

En Guadeloupe, j’ai rencontré, effectivement, beaucoup de blancs ayant un esprit colonialiste mais j’ai, aussi, rencontré beaucoup d’ antillais racistes ! Les patrons guadeloupéens sont presque tous blancs ou indiens, certains sont corrects, respectueux, d’autres un peu moins ! Alors qui a tort, qui a raison ? Je ne saurais le dire ! L’esclavagisme est bel et bien terminé mais les mentalités, elles, ont parfois peu évolué !

En dehors de cet état d'esprit, la Guadeloupe est une île superbe, Basse Terre avec la Soufrière, ses rivières, sa forêt tropicale et Grande Terre avec ses grandes plages au sable blanc, ses falaises découpées qui ressemblent à la Bretagne... Une merveille ! Et quel plaisir d'être accueilli par des antillais heureux de vous retrouver, ce patron de restaurant dans les Grands Fonds (campagne près des Abymes), par exemple, qui me reconnait même après 3 ans d'absence, de se souvenir de ce pêcheur qui ôte de ses filets un joli coquillage pour l'offrir à mon fils...

J'aurais aimé continué à vivre en Guadeloupe, je me sens bien dans cette île, j'aime y retourner (depuis 2001, j'y suis retournée trois fois, un vol sec, une location à Petit Bourg : village central de l'île Papillon, bien loin du ghetto touristique de Gosier !) Je pensais y retourner, en novembre prochain, avec la famille mais peut-être devrons-nous changer de destination...

Commentaires

Les Antilles connaissent une situation délicate que les précédents gouvernements ont laissé pourrir A l'exploitation des uns répond le racisme des autres mais les faits parlent d'eux mêmes 1% de la population possède 85% du patrimoine et la quasi totalité des grands commerces ..j'ai visité les deux iles et lorsque l'on vit chez "l'habitant" loin des ghettos touristiques on est bie accueilli

Écrit par : ulysse | 17.02.2009

C'est intéressant d'avoir un point de vue objectif de quelqu'un qui connait mieux cette situation que le journaliste lambda.

Écrit par : Whynot | 17.02.2009

Je suis d'accord avec Ulysse, loin des ghettos touristiques, on est bien accueilli. Dommage pour les touristes ! Les croisièristes américains ne font plus escale à Pointe à Pitre depuis quelques années : attaques de touristes trop fréquentes...

Écrit par : merise | 17.02.2009

Mon dernier séjour en Guadeloupe remonte en 1999, nous en avons un si mauvais souvenir d'accueil surtout dans les restaurants que nous avons préféré acheter au Sénégal où la gentillesse des locaux est au niveau du mépris dispensé par les guadeloupéens .Depuis je conseille à toute personne voulant passer des vacances dans cette île d'aller voir ailleurs dans les Antilles surtout pas française et encore moins en Guadeloupe ou à Cuba.
Ce sont surtout des racistes sous perfusion des impôts payés par des métropolitains, qui ne produisent pratiquement pas de valeurs ajoutés mais qui tendent toujours l'assiette pour que la France la remplisse et qu'ils puissent encore et toujours y cracher dedans pour en réclamer encore d'avantage. S'il veulent l'indépendance DONNONS LEUR SATISFACTION .DOMMAGE : LA FRANCE PERDRA AVEC LES ANTILLES LA PREMIÈRE RÉGION DE FRANCE CONSOMMATRICE DE CHAMPAGNE PAR TÊTE D'HABITANT ! Mais gagnera tellement en économie .Pour finir, nous avons préféré quitter l'hôtel louer un voilier et ne plus retourner dans cette si jolie contrée.

Écrit par : lafleur | 28.02.2009

Les Antilles sont, en effet, les premiers consommateurs de champagne ! Il ne faut pas nier qu'il y a beaucoup de guadeloupéens qui sont racistes mais aussi des blancs qui sont méprisants ! En ce qui me concerne, comme je le disais dans ma note, en 3 ans, je n'ai jamais ressenti du racisme envers moi mais ai bien constaté le racisme envers d'autres !

Écrit par : merise | 28.02.2009

nous sommes restes à ste anne du 6/01/09 au 31/01/09. nous avons l'habitude avec ma femme de nous rendre une fois par an aux antilles,depuis une douzaine d'annee.apres avoir economise le montant de nos sejours,et cette annee nous avons subi de la part de certains grevistes??? à un deferlement de haine concernant les touristes .nous irons donc la prochaine fois dans les antilles non française.depenser l'argent que nous portions avec joie dans ces iles qui en ont bien besoin.merci monsier DOMOTA de mettre au chomage toutes ces femmes si courageuses qui elles travaillent ,elevent leurs enfants avec dignite;et ne sont pas comme vous CADRE et FONCTIONNAIRE

Écrit par : claude | 01.03.2009

Domota est un indépendantiste. Il est fonctionnaire et ne perd pas d'argent effectivement lors de cette grêve...malheureusement, beaucoup d'antillais ne pensent pas à cela...Ce serait malheureux que la Guadeloupe devienne Haïti !

Écrit par : merise | 02.03.2009

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