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30.09.2008

De retour de la Costa Brava

Quelle rigolade avec ce groupe !

Deux couples qui ont déjà fait le même voyage plusieurs fois de suite et qui se sentent, par conséquent, supérieurs aux autres.
Les mammies feront de la gymnastique en plein milieu du restaurant, livrant à nos yeux ébahis, leurs cuisses fripées, les serveuses me regardent d'un air estomaqué se frappant de l'index le crâne, et oui...
A Empuriabrava, j'arriverai à leur trouver une promenade en bâteau sur les canaux, non prévu au programme, 13 personnes viendront, de la place que pour 9 ! tant pis, j'invite un joyeux luron à s'investir comme capitaine sur un petit bâteau électrique et hop, nous voilà, hilares à parcourir les canaux, à quatre, bien tranquilles alors que les autres sont entassés sur leur gros bâteau...

Engueulade du couple qui fait une multitude de voyages avec mon employeur, qui ne se gêne pas pour me le faire remarquer à diverses reprises. "Ah, nous avons eu Aurélie, c'était une bonne accompagnatrice, elle allait dans tous les offices de tourisme récupérer de la documentation pour nous" (et alors celle qui est dans l'hôtel en présentation, cela ne leur convient pas ?) et d'autres gentilles reflexions du même tonneau... ils nous vélipenderont pour nos 10 minutes de retard et bien entendu me menaceront d'en référer à qui de droit... Je m'en fous, j'ai tous les autres de mon côté, cela en fait quand même 45 sur 47... pas mal !

petit tour à Barcelone, monte à bord une guide certifiée approchant les 80 ans, qui ne se souvient même plus du nom de Gaudi, nous parlera de faits insignifiants... Il est temps qu'elle prenne sa retraite ! A Gérone, nous avions eu une guide d'à peu près du même âge mais elle était beaucoup plus éveillée...

"j'ai réussi à retirer de l'argent mais ce n'est pas grâce à l'accompagnatrice qui ne nous a pas aidé"... et oui, en peu de temps j'ai du gérer le bâteau improvisé et n'ai pu m'occuper de ce couple qui était persuadé de pouvoir retirer de l'argent au guichet d'une banque espagnole... Ils retireront à un distributeur grâce à un couple de français apitoyé...

Remerciements du groupe, embrassades, un voyage de fini... De retour, j'apprendrai que mon employeur a eu de nombreux voyages d'annulés faute de participants, pas de boulot pour moi avant peut être fin octobre/début novembre. j'ai postulé à Fram... suite au prochain numéro...

Nouveau album sur la Costa Brava à regarder...

22.09.2008

Enlèvement de guide en Egypte

Au mois d'octobre, mon patron propose des circuits et des croisières dont une sur le Nil....

Me demande si je vais accepter la mission d'accompagnement en Egypte si il me la propose ! En effet, dix-neuf personnes dont onze touristes européens, cinq Italiens, cinq Allemands, un Roumain, et huit Egyptiens, dont deux guides, quatre chauffeurs, et un garde-frontière ont été enlevés en Egypte !

Bon, ils ont été enlevé dans une région très éloignée du wadi el-kebir... bien loin des bâteaux qui circulent sur le Nil ou qui s'entassent les uns à côté des autres le long des quais. Marrant d'ailleurs de passer d'un bâteau à un autre pour débarquer... Vous pouvez passer par 5 ou 6 bâteaux avant de trouver la terre ferme !

C'est un métier à risque : guide.... l'hiver, je travaille en intérim comme guichetière dans des banques, à la merci de ceux qui veulent s'emparer de la caisse et l'été, je suis à la merci des rançonneurs de guides !!!! Bon sang, vivement la retraite que je meurs d'une fracture du crâne après une glissade dans la douche.....

21.09.2008

De retour d'Italie....

"Tu sais, si tu es stressée, si tu as le bluzz, tu peux venir me voir ce soir dans ma chambre..." Lendemain : "Tu as un grand lit, pour toi toute seule, ce n'est pas trop grand ?",
Troisième jour : "Tu es mariée mais tu sais je suis très discret..."
Quatrième jour : "Je suis marié mais c'est la routine, il y a des chauffeurs qui ne sont pas discrets mais moi, je suis une tombe..."
Cinquième jour, une nouvelle soirée en tête à tête avec mon "charmant conducteur" : Bon, il faut que je te dise quelque chose, tu n'as pas à parler de ta vie privée, cela ne les regarde pas que tu te sois mariée il y a deux mois, ils en ont rien à foutre. De plus à ton âge, cela veut dire que tu te remaries et cela sous entend que tu as fait la vie avant..." 10 mns de sermon à ce sujet, je reste d'un calme olympien, lui rétorque que je ne suis pas d'accord avec lui et lui explque ma façon d'instaurer une relation chaleureuse, humaine avec les clients que j'accompagne. Comme ils sont, en général, curieux, je réponds à leurs questions personnelles sans rentrer dans les détails (oui, je suis mariée, oui j'ai un enfant...)
J'ai envie de lui balancer mon dossier dans la tête à ce gros c... de macho, doublé de raciste (quelques propos acerbes tout au long du voyage sur les gens nés de l'autre côté de la Méditerranée)

Heureusement le petit groupe de 18 personnes est sympathique, s'intéresse à mes commentaires, nous vivons ensemble de belles découvertes, cela atténue mon tête à tête imposé à chaque repas avec cet imbecile. Aux détours des conversations, j'entends qu'il a formé deux accompagnatrices... Un conducteur qui forme des accompagnatrices, on aura tout vu !

Sur le retour, il lachera qu'il emmène de temps à autres sa femme en voyage (tiens, je croyais qu'il ne fallait pas parler de sa vie privée...) il souligne qu'il l'emmène que dans les voyages fatiguants afin qu'elle décide de ne plus venir avec lui...

Allez venez voir mon nouvel album sur Padoue, Florence, Pise et le....cimetière de Gènes (Monumental !)

10.09.2008

Les documents du voyage sont arrivés par le web

Et voilà, les mails de mon patron sont arrivés dans ma boîte... Cela fait un mois que je prépare mon circuit en Italie : Venise, Padoue, Pise et Florence. Là, je vois les adresses des hôtels, ni une, ni deux, je vais regarder leurs sites sur le web... les chambres ont l'air d'être confortables, bel hôtel à Lido di Joselo, avec la plage à proximité, sable blanc à perte de vue... oh, je vois déjà le maillot de bain dans la valise...

Le paradis ? Non, ne rêvons pas, il faut que tout soit parfait...

Je visionne les plans des villes : pas le moment de rechercher, le nez en l'air, une indication qui ne viendra pas du ciel. Il faut se rendre, sans hésitation, aux rendez-vous des guides, aux restaurants, aux embarcadères pour les bâteaux

Je pense au cadeau de Noël de Chouchou et si je planifiais mes itinéraires piétonniers. je pourrais l'utiliser pour me diriger dans les labyrinthes de Venise par exemple ! Je préfère, toutefois, que mes clients ne se doutent pas que ce n'est que la 3ème fois que je viens là...Mes pas m'avaient menée au hasard des ruelles et j'avais pu admirer de superbes quartiers sans les cohortes de touristes mais aussi les sites incontournables...

Là, pas moyen de laisser tout celà au hasard.. Je pense que quand ils iront au Palais des Doges, j'irai repérer l'embarcadère pour les îles et les restaurants du déjeuner et du dîner... Pas les mêmes bien sur, cela aurait été trop simple !

C'est un groupe de 18 personnes, je pense que ce sera plus sympa qu'un groupe de 50 à manoeuvrer...

J'ai un très mauvais souvenir de l'Italie. En 2005, une mamie qui s'est fait voler son porte-monnaie en embarquant à Venise, qui est tombée en sortant de l'hôtel... De Vérone, je ne verrai que les salles peu hospitalières de l'hôpital... Mon conducteur macho, d'origine italienne avait saboté mon travail, me coupait le micro... Bref, un vrai con dont j'entendrai parler une année plus tard : 3 jours de mise à pied pour alcoolisme...

Allez, je vais essayer de partir l'esprit tranquille : ce sera Dimanche à 5h40 du matin... Oh que j'aurais aimé rester sous la couette avec Chouchou...

08.09.2008

week à Versailles : Bartabas et le château

1/2 h de retard, les trois femmes qui attendent avec moi à la gare routière de Tours commencent à s'impatienter, enfin, voilà l'autocar, je monte et me présente. Je ne suis pas trop stressée, c'est étonnant... Au programme : l'élevage du vers à soie en Touraine, la vie de Louis XIV, ses maîtresses, la vie à la cour, etc...
Derrière le conducteur, un couple genre pincé avec le sourire rare. Costume cravate, Monsieur m'indique que j'ai oublié de parler d'une des maîtresses de ce charmant Louis, puis ce sera, des demandes de précision concernant tel ou tel personnage, le reproche d'avoir oublié de parler de Vaux le Vicomte... Ah pourquoi que les chiants sont toujours immanquablement juste derrière nous...
Ah arrêt technique, toute le monde aux toilettes... la queue interminable devant les toilettes des dames, comme d'hab ! J'en profite pour boire un café qui me sera généreusement offert par le conducteur. Quand tout le monde a fini, je peux aller, aussi, aux commodités. J'en profite, également, pour regarder quelques informations sur le château de Vaux le Vicomte et sortir ma science dès que je remonte dans le car...

Ce soir, spectacle Les juments de la nuit avec Bartabas, nous sommes frigorifiés sur les gradins, ma capuche me protegera des gouttes d'eau poussées par le vent qui rafraichit encore plus l'atmosphère... La plupart de mes papys et mammies se montrera décu de ce spectacle en le comparant avec le Puy du Fou ! Rien à voir, là, l'imaginaire, l'opéra de Macbeth revisité avec un fort ton japonisant fait plus appel à l'imaginaire. Les ecuyers (en fait, plutôt les écuyères) se montreront d'une grande agilité, une performance remarquable... J'ai un peu moins apprécié la lenteur des danseurs, les lenteurs de certaines scènes. Les jets d'eaux, le rideau d'eau derrière la scène avec des visages ou des pagodes étaient splendides.

Le lendemain, visite du château avec deux guides conférenciers, l'un, genre snob avec sa grosse mèche qui s'incrustera au resto mais qui devra, finalement, régler son repas... Pas très content l'hidalgo ! l'autre, une femme d'un certain âge qui ronchonnera tout le long contre le nombre élevé de visiteurs, me qualifiera à plusieurs reprises de jeune femme (ouaah... je suis flattée !) s'esquissera presque en catimini à la fin de sa prestation. L'après-midi, la visite au Grand Trianon achèvera le groupe qui se traînera dans les jardins du château pour s'asseoir dès le premier banc venu, contemplant les eaux musicales. Le final au grand bassin de Neptune annulé entretiendra les conversations de ce groupe déçu...
Coucou !! Oh que vois-je, trois personnes du groupe des nantais que j'ai guidé à Font Romeu, dans l'Aveyron et qui est venu dans le Luberon.... Ils sont heureux de me voir, le plaisir est partagé ! l'expression : "le monde est petit" est toujours d'actualité...

Petite pause au retour à Orléans, le pincé m'informera qu'il enverra une lettre au voyagiste pour protester de cette pause repas à la cafétéria qui n'est pas indiquée dans le programme et qu'il devra payer de ses propres deniers... Il n'a qu'à attendre sur un banc que nous revenions ! Le conducteur et moi-même seront servis à part, sans file d'attente, avec le choix de nos menus et sans bourse délier... les avantages de ce métier....

02.09.2008

Ile célèbre, qui est-elle ?

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01.09.2008

J’ai vécu le cyclone Lenny….

Un jour de 1999, je suis partie au travail, après avoir écouté la radio, nous suivions, en effet, avec attention l’évolution du cyclone Lenny, un ouragan que personne n’attendait ce mois de novembre, mois de l’extrême fin de la saison cyclonique. Le cyclone Lenny ne devait pas passer sur la Guadeloupe...

Pas d’alerte cyclone en Guadeloupe, aucune consigne de se calfeutrer et de rester à son domicile. Je partis au travail à 6h30 du matin comme d’habitude.

Vers 10h, mon collègue et moi qui écoutions la radio en travaillant entendîmes une annonce invitant la population de regagner de toute urgence son domicile. Je pris la route, un bouchon interminable de voitures sur la 4 voies et la pluie de plus en plus violente qui frappait les vitres. La radio annoncait que le cyclone s'approchait très rapidement de la Guadeloupe, que nous devions rentrer le plus rapidement possible....Je ne voyais que l'arrière de la voiture qui me précédait, elle-même précédée d'innombrables voitures pare-choc contre pare-choc...Je réussis au bout de deux heures à atteindre un endroit élevé dans la banlieue de Pointe à Pitre où je décidai de laisser la voiture. les routes étaient devenues des fleuves, une commerçante me donna un immense sac poubelle qui me servit d’imperméable.49300d3982d51d4afef02e2d492e3bed.jpg Je partis à pied, l’eau m’arrivant au ventre. Un camion militaire me prit à son bord, je fus filmée par la télévision locale, l’air hagard, assise sur un banc du camion. Quelques minutes plus tard, le moteur du camion noyé, nous fûmes remorqué par un véhicule blindé de la gendarmerie. J’arrivai chez moi, deux heures et demie après mon départ, itinéraire qui me prenait que 20 minutes en temps normal. Sur les routes devenues des torrents boueux charriant toutes sortes d’objets hétéroclites, des zodiacs passaient, récupérant des personnes, des voitures étaient renversées les unes sur les autres dans les fossés…feb6d67538578d5479a7e6ea5909629f.jpg

Lenny né entre le Honduras et la Jamaïque le week-end du 12 novembre avait tout fait à l’envers. Sa trajectoire a défié tous les modèles : d’ouest en est et du sud au nord. Il a stagné 30 heures sur les îles du nord de l’archipel, qu’il a dévastées, puis il s’est scindé en deux pour descendre sur la Guadeloupe sous la forme d’une tempête tropicale.

Les premiers bilans établis commune par commune faisaient état de : 200 cases et maisons endommagées et 82 détruites à Bouillante, 150 endommagées à Baillif, 70 à Vieux-Habitants, 50 à Gourbeyre, 34 à Basse-Terre, et 10 maisons détruites à Basse-Terre

Vu de la France ou d’ailleurs, le phénomène Lenny a été très mal couvert par les médias. Deux raisons à cela. Il n’y a pas eu d’alerte cyclonique sur la Guadeloupe. Or les envoyé spéciaux ne sont dépêchés sur place qu’en cas d’alerte certaine, ce qui suppose une certaine prévisibilité des risques. Certes, les îles du nord ont été en alerte, mais Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont été surprises par cet ouragan improbable, et elles sont trop petites pour intéresser les médias nationaux à elles seules. Autre raison : Lenny est arrivé alors que les médias étaient déjà accaparés par les inondations dans l’Aude puis par le blocage de l’autoroute à Montélimar à cause de la neige. Reste que le service public audiovisuel était en grève au même moment.

Ainsi, pour seule source d’information, les médias nationaux avaient les dépêches de l’Agence France Presse (AFP), envoyées par un correspondant local, et les images tournées par RFO. Mais elles ne faisaient état que des dégâts, de manière réductrice. En voyant ces images mal commentées sur TF1, on pouvait penser que la Guadeloupe avait connu un nouvel Hugo. Il n’en est rien puisqu’il n‘y a pas eu de vents violents sur l’île mais énormément de pluie et que le cyclone proprement dit n’est pas passé sur l’île. N’oublions pas qu’Hugo avait laissé 20 000 sans-abri, et 35 000 personnes sinistrées sur la Guadeloupe en 1989... Rien à voir avec Lenny.

A noter que c’est la 1ère fois dans le siècle (en fait, depuis 1886, date de début d’un recensement sérieux de la part des climatologistes américains qui ont constitué une base de données cycloniques sur la zone de l’Atlantique et des mers adjacentes) qu’un ouragan intense traverse l’archipel des Petites Antilles après le 31 octobre : c’est donc une première pour LENNY (précédent cas aussi anachronique : ALICE, ouragan de classe 1 traversant le nord de l’arc antillais le 2 janvier 1955).

Note inachevée...

Planquée sur la terrasse d'un café en surplomb de la rue principale de Conques, je déguste une glace (chut ! je fais une entorse à mon régime... régime commencé depuis des années qui débute toujours un lundi et s'arrête immanquablement le mercredi...)

Je les entend qui pépient en contrebas, assis sur un muret. Thème de la conversation : quels ingrédients mettez-vous dans telle ou telle recette ? Nous sommes à Conques, 3/4 d'heure de libre, de quoi parcourir tranquillement les jolies ruelles, s'extasier devant les belles maisons, s'attarder au Trésor qui récèle de superbes reliquaires, s'émerveiller tout simplement devant de telles splendeurs....

Non, comme d'habitude, ils attendent que l'heure tourne pour rejoindre le car. Un doute m'envahit : Est-ce que je deviendrai comme eux, blasée, ne pensant qu'à ma pitance du soir, me préoccupant que de vider ma vessie le plus rapidement possible ?

J'ai tellement envie de me cultiver, de m'attarder devant des merveilles de la nature ou architecturales. Ma vie ne sera pas assez longue pour ma soif d'apprendre, d'imaginer la vie d'autrefois, de m'émerveiller encore et encore....