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29.08.2008

Les confettis et les vers à soie

Les confettis sont étroitement liés à la fête du carnaval née au Moyen-Âge et plus précisément des défilés de chars fleuris appelés corsos présents dans toutes les grandes villes catholiques d'Europe vers 1850 mais avec plus de vigueur dans les pays du Sud notamment en Italie.

Ces corsos sont l'occasion de batailles de fleurs, de fruits secs (pois chiches, haricots secs), de farine mais aussi d’œufs pourris ou remplis de suie surtout destinés à ceux qui n'étaient pas costumés. Etaient lancés aussi des bonbons et des Italiens ont eu l'idée de confectionner des petites dragées en sucre candi spéciales qu'ils appelèrent "confetti". Ce mot italien, "confetto" au singulier signifie "dragée" et ce dit en français "confetti" au singulier et "confettis" au pluriel.
Le sucre fut bientôt remplacé par des boulettes de terre blanchies puis de plâtre confectionnées à laide d'un entonnoir. Mais le jet de ces projectiles était dangereux, nombreux participants se protégeaient avec un masque grillagé de genre de celui utilisé par les escrimeurs. f49c768ac5fc076efbad2718f529b67e.jpg
Ces petits ronds étaient les résidus des feuilles de papier que l'on perforait pour l'élevage des vers à soie. C’est M. Lué, Régisseur du Casino de Paris, qui le premier, en 1891, cherchant une attraction pour les bals de l’établissement auquel il était attaché, eut l’idée de remplacer par du papier inoffensif les cuisants confetti de plâtre dont on se bombardait en Italie. À cet effet, il chargea son père, ingénieur à Modane, de lui envoyer une certaine quantité de ces petits résidus de forme ronde enlevés des feuilles de papier que l’on perce pour l’élevage des vers à soie. En effet, Il fallait débarrasser les vers de leurs déjections et des feuilles souillées, cela sans les toucher de crainte de les meurtrir. Cette opération appelée délitage s'effectuait, après chaque mue, par les vers eux mêmes au moyen de feuilles de papier trouées ou de filets à maille plus ou moins serrée selon leur grosseur et que l'on disposait au dessus des chenilles. Les vers passaient au travers des mailles pour venir chercher des feuilles fraîches qu'on leur avait distribuées au dessus. Le délitage terminé, la vieille litière devait être enlevée avec précaution pour ne pas disséminer les poussières contenant de nombreux germes.

Ainsi naquit le confetti parisien. Son succès fut énorme. Des établissements publics, l’invention gagna la rue ; tout le monde s’en mêla. Ce fut une vraie folie.

Si le confetti n’est pas autochtone, et s’il est permis de ne voir en lui qu’une contrefaçon du confetti transalpin, il n’en est pas de même du serpentin ou spirale qui est une invention exclusivement parisienne. Chose curieuse, cette invention remonterait à la même année que celle des confetti. On l’attribue à un jeune employé du bureau 47 des télégraphes de Paris. Les inventeurs sont modestes. Celui-ci n’a pas dit son nom. Tout ce que l’histoire sait de lui, c’est qu’il imagina de lancer sur la foule, du haut d’un balcon, des rouleaux de papier bleuté destiné au télégraphe Morse. Il n’avait pas pris de brevet pour sa découverte, sans quoi il serait aujourd’hui millionnaire. Paris fut tout de suite fou des serpentins comme il l’avait été des confetti. »

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