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05.07.2007

La couleuvre de Montpellier

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Ce très beau serpent présente un dimorphisme sexuel important : les femelles toujours plus petites sont de couleur marron clair, avec des taches noirâtres et blanchâtres, alors que les mâles sont d'un vert olive clair ou foncé avec une rangée latérale d'écailles noires et bleutées. Dans les régions sahariennes, la selle noire caractéristique des mâles, présente en arrière de leur cou, s'étend sur la presque totalité du corps. Les mâles de ce grand serpent à fière allure dépassent parfois, bien que très rarement, les 2 m (au Maroc elle atteint exceptionnellement 2,17m).

Très rapide, elle chasse généralement à vue et se nourrit d'autres serpents, de lézards, d'oiseaux, de petits mammifères qui peuvent être de la taille de lapereaux chez les grands individus.

Opistoglyphe, c'est à dire possédant des crochets à venin situés à l'arrière de la mâchoire supérieure, elle peut tuer ses proies en les maintenant fermement dans sa gueule pendant quelques minutes. Cependant, du fait même de la position de ses crochets qu'il ne peut par ailleurs redresser, ce serpent est inoffensif pour l'homme.
L'accouplement a lieu vers avril et mai et la ponte de quatre à dix-huit oeufs ovales fin juin, juillet ou août. L'éclosion se produit vers août, septembre et octobre. Les couleuvreaux mesureront alors environ 22 à 33 cm. L'espérance de vie des mâles comme des femelles varie entre 5 et 20 ans. Le mâle jeûne pendant les mois de mai et de juin et défend, escorte et assiste la femelle pendant la chasse. Le couple formé est fidèle, mais peut accueillir un ou plusieurs mâles vassaux ou encore dominer d'autres couples.

la Couleuvre de Montpellier est répandue bien au-delà de la ville qui lui a donné son nom. Originaire d'Afrique, on la retrouve sur presque tout le pourtour de la méditerranée, de l'Afrique du Nord à la péninsule Ibérique en passant par le sud de la France et ce jusqu'en Iran, exceptée dans la péninsule italienne. Elle parvient même à pénétrer l'étage saharien en profondeur ( au Maroc, elle descend jusqu'à Dakhla).

En France, cette espèce court la malchance de subir les préjugés moyenâgeux qui sévissent à l'égard des serpents et notamment à son encontre. Sur Internet, par ex., on peut trouver des affirmations qui ridiculisent leurs auteurs : la "vipère" de Montpellier, comme la qualifie certains, serait "dangereuse" pour les chiens et même les chevaux (sic!), alors qu'en réalité il lui arrive d'être la victime des chiens et des chats. Elle est en outre fortement exposée à une circulation automobile abusive qui provoque de nombreuses victimes. De surcroît, la fermeture des milieux par la disparition progressive des milieux ouverts menace son habitat.
Au Maroc, elle est un des objets de convoitise préférés des montreurs de serpents, lesquels s’approvisionnent auprès des chasseurs spécialisés que sont les Aïssaoua et autres trafiquants qui vont jusqu’à entasser une soixantaine d’exemplaires dans une pièce où les plus grands spécimens n’ont plus comme recours pour survivre temporairement que le cannibalisme au détriment de leurs congénères plus petits.
Cette espèce, ainsi que les autres espèces de serpents du Maroc, devrait bénéficier d'aussi urgentes que rigoureuses mesures de protection, interdisant leur capture et leur commercialisation. Dans le sud de la France, il faudrait édifier des barrières à des points cruciaux entre passage de la Couleuvre de Montpellier et trafic routier et créer des "serpenducs" à l'exemple des crapauducs, de notoriété méritée. Ces canaux creusés sous la route permettraient le passage des serpents et autres espèces...

Commentaires

Plaisir de lire (au hasard de je ne sais quelle balade internaute) ces quelques lignes sur ce beau serpent, le plus long reptile d'Europe, que je me suis efforcé d'attraper à mains nues pour vaincre une peur irrationnelle. Hélas, dans ma colline sèche la raréfaction des espaces non urbanisés et le trafic routier, sans compter les noyades dans les piscines, ont largement réduit la présence de notre amie.
Bon vent à votre blog ! R.

Écrit par : Roberto | 06.07.2007

Salut Roberto ! Merci de votre passage !

Écrit par : merise | 06.07.2007

Les commentaires sont fermés.