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20.02.2007

Lapidaires et diamantaires du Haut Jura

Ils donnent de l’éclat à la pierre…
Symboles de puissance spirituelle ou talismans contre le mauvais œil, les pierres ont toujours suscité l’intérêt de l’homme, qui leur a attribué des pouvoirs surnaturels. Le vrai pouvoir semble cependant être entre les mains des lapidaires et diamantaires, seuls garants d’un savoir leur permettant de transformer une simple gemme en une pierre éclatante de beauté…

… les lapidaires et les diamantaires…
L’Égypte ancienne ornait déjà ses parures et objets de pierres telles que la turquoise, le jaspe ou le quartz. Mais c’est au Moyen-Age que l’on voit apparaître, à Paris, une corporation d’orfèvres, cristalliers et pierriers, corporation dont le patron est Saint Louis et qui travaille essentiellement le verre et le cristal de roche.

L’introduction de ces professions dans le Jura semble être le fait de plusieurs circonstances. La disponibilité de la main d’œuvre haut-jurassienne durant l’hiver, ainsi que la proximité des cours d’eau nécessaires pour l’entraînement des meules font du Haut-Jura un lieu propice au développement des activités lapidaires et diamantaires.

Au XVIIIe siècle, les lapidaires et diamantaires de Paris qui, suite à la révocation de l’Édit de Nantes, se sont installés notamment à Genève, confient quelques travaux aux paysans haut-jurassiens, qui ont acquis une grande dextérité grâce à la fabrication d’objets de piété pour les pélerins, mais aussi grâce au travail de la taille des rubis de montre déjà effectuée pour l’industrie horlogère suisse, alors en plein essor. Les lapidaires et diamantaires du Haut-Jura, dont l’activité se développe, créent des ateliers au début du XIXe siècle et travaillent à l’amélioration de leurs techniques et de leur outillage.

C’est ainsi que la fin du XIXe siècle voit l’installation de plusieurs usines et la mise en place de coopératives. Saint-Claude devient capitale mondiale de la taille du diamant au début du XXe siècle, employant jusqu’à 4000 ouvriers. Mais le Krach de 1929 puis la seconde guerre mondiale bouleverse l’économie et peu d’entreprises lapidaires et diamantaires survivent dans le Haut-Jura.

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques artisans, véritables artistes, qui savent dompter la lumière et faire rayonner les pierres de toute leur beauté.

Mais… lapidaires ou diamantaires ?
Minutie et patience sont les principales caractéristiques de ces deux professions que l’on confond souvent à tort, car elles sont cependant bien différentes, de par la matière travaillée tout d’abord, mais aussi de par la dimension de leurs unités de production.

Le lapidaire taille et polit les pierres de couleurs pour en rehausser la lumière et la couleur, en éliminer les défauts, et donc pour enfin, en faire ressortir toute la brillance. Ses outils, moins imposants que ceux du diamantaire, sont souvent fixés sur un établi, que les jurassiens autrefois, rapprochaient de la fenêtre de leur habitation, afin de pouvoir y travailler l’hiver.

Le diamantaire, lui, ne taille que le diamant, minéral le plus dur, qui ne peut donc être taillé que par lui-même et nécessite une force motrice plus puissante.

…gemmes ou pierres de synthèse ?
Les gemmes sont des pierres naturelles rares dont l’aspect est agréable et la dureté suffisante pour leur permettre de résister à l’usure. Ce terme regroupe :

* Les pierres précieuses (le rubis, le saphir, l’émeraude et le diamant)
* Les pierres fines dont quelques dizaines seulement ont une dureté suffisante pour être montées sur bijoux (le quartz, les grenats, les topazes, l’opale, la turquoise, les jades…)
* D’autres pierres de couleurs comme l’ambre, le corail, la perle…

Les pierres de synthèse sont des pierres fabriquées par l’homme. On distingue cependant :

* Les pierres d’imitation dont l’aspect ou la couleur imite les pierres naturelles, mais qui n’en ont pas les propriétés physiques et optiques.
* Les synthétiques naturelles qui ont la même composition chimique que les pierres naturelles (rutile, spinelle…)
* Les synthétiques artificielles qui sont fabriquées par l’homme et n’ont pas d’équivalent naturel (titanate de strontium…)

Et la pierre devint bijou…
La qualité du diamant et des pierres de couleurs est estimée selon 4 critères : le poids, la taille, la pureté et la couleur. Les techniques de taille sont cependant différentes.

Il existe plusieurs techniques pour la taille des pierres de couleurs, selon la nature de la pierre et le résultat que le lapidaire désire obtenir , sachant que son but sera toujours de faire ressortir toute la couleur et la brillance tout en conservant le plus de poids possible :

* Les pierres sont coupées à l’aide d’une petite scie circulaire
* Puis elle sont réduites à une forme de base avec de petites meules munies de disques imprégnés de diamants
* Les crevasses sont ensuite éliminées avec un abrasif très fin
* Le facettage est l’étape la plus complexe et nécessite une grande dextérité : la pierre est polie à l’aide d’une facetteuse, constituée d’un disque rotatif ou vibrant.
* Le polissage en tonneau (polisseur ou à vibrations) consiste à arrondir les pierres par dégrossissage, usure et polissage avec poudre.
* Le perçage, utilisé pour faire un trou de petite taille dans une pierre, est réalisé avec une petite baguette rotative munie d’une pointe en diamant.
* La réduction par culbutage (dans un baril rempli d’eau et de graviers) permet de réduire et de polir un grand nombre de pierres.

Le diamant, du mot « adamas » qui signifie « indomptable » en grec, est le minéral naturel le plus dur qui, du fait de cette dureté, ne peut être taillé que par lui-même. Composé de carbone cristallisé, il vient essentiellement d’Afrique du Sud, mais aussi du Canada, de Russie, d’Australie… Le diamant est composé de 4 parties (la table, la couronne, le rondiste, la culasse) et peut être taillé selon plusieurs méthodes (la taille brillant moderne de forme ronde ou les tailles fantaisistes de formes variées). Durant les phases de taille, il perd entre 50 et 60 % de son poids initial :

* Le diamant brut est divisé en deux à l’aide d’une fine lame d’acier.
* Puis, fixé entre deux mors, il est alors coupé par une scie en bronze de phosphore garnie d’un mélange de poudre de diamant et d’huile. Il existe aujourd’hui des systèmes de sciage à disque ou au laser (ci-dessous, sciage à disque)
medium_Sciage1_bis.jpg


* Le débrutage permet d’arrondir le diamant avant sa taille en facettes. La pierre est en quelque sorte préparée à la taille et sa forme est ébauchée par le biais d’une machine à débruter (ci-dessous)

medium_sciage2.jpg

* Les facettes du diamant sont ensuite créées : Le diamant, serti dans un dop (tenaille), est taillé au contact d’une meule circulaire enduite de poudre de diamant (mélangée parfois avec de l’huile) :

* Le polissage, enfin, consiste en un frottement du diamant sur un disque enduit d’un abrasif moins dur.
medium_sciage3.jpg

Les étapes de la taille de pierres précieuses sont reconstituées au musée de la pipe et du diamant de Saint-Claude car la capitale du Haut-Jura garde toujours, dans son écrin de montagnes, une place pour la pierre la plus précieuse…

Commentaires

Merci pour ton appel elle a été ravie

Écrit par : eric | 20.02.2007

de rien Eric ! j'espère que tu auras ton resto !!!

Écrit par : merise | 20.02.2007

Les commentaires sont fermés.