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31.01.2007

Histoire de... la Betterave.

La betterave fait l’unanimité quand elle rentre dans la composition de l’éthanol et donc des biocarburants. Comment est-elle arrivée jusqu’à nous et dans quel contexte ? Histoire d’une bête rave qui a su prendre sa place dans notre agricultureOn la dit potagère, fourragère ou sucrière. Sa couleur rouge sombre, sa douceur, son goût... Christine Barbace, de la Mission Agrobiosciences, revient sur l’histoire de la Betterave et, aussi, sur nos souvenirs d’enfance.


Elle fait aussi l’unanimité quand elle rentre dans la composition de l’éthanol et donc des biocarburants. Comment est-elle arrivée jusqu’à nous et dans quel contexte ? Histoire d’une bête rave qui a su prendre sa place dans notre agriculture.

Dans la littérature grecque vers 420 av. J.C, la betterave faisait déjà parler d’elle. A l’époque, un miel végétal était extrait de sa racine et ses feuilles servaient à l’alimentation du bétail. Au moyen-âge, cette cousine de la bette et du céleri-rave était le plus souvent cultivée dans les monastères de France et d’Espagne, puis sur tout le territoire européen. Dès 1575, l’agronome français Olivier de Serres remarqua sa forte teneur en sucre, mais l’intérêt pour la betterave sucrière ne sera suscité qu’en 1747 quand Andreas Sigismund Marggraf, un chimiste prussien, démontrera que les cristaux sucrés de betterave sont les mêmes que ceux de la canne à sucre. Il faut attendre quarante ans et la guerre contre l’Angleterre pour que cette plante ressorte de nos champs. Le blocus continental privait la France de sucre de canne.

Mettant de côté les recommandations des scientifiques et l’avis du célèbre Parmentier lui-même, Napoléon Ier lança alors un vaste programme accordant 100 000 arpents de terre à qui voudrait cultiver la betterave sucrière. L’Empereur fut définitivement conquis lorsque le banquier Benjamin Delessert, ayant repris les travaux de Marggraf, lui présenta un succulent pain de betterave - ce qui valu d’ailleurs au banquier le titre de baron d’Empire. Napoléon Ier s’engagea alors à subventionner les recherches des industriels et délivra 500 licences pour la fabrication du sucre de betterave. A la fin du blocus, la canne à sucre fit sa réapparition, mais son prix prohibitif, dû à l’abolition de l’esclavage en 1848, conforta les français dans leur choix.

Au fil du temps, la construction de grosses unités de production, les améliorations techniques et la sélection des betteraves feront le reste. Actuellement, l’Europe a une production de 120 millions de tonnes de betterave qui produisent à leur tour 16 millions de tonnes de sucre blanc, et parvient à assurer 90% de ses besoins.

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