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22.01.2007

Menhirs et dolmens, les mégalithes sont deux fois plus nombreux dans le Languedoc qu'en Bretagne.

La campagne lozérienne en compte à elle seule près de 800
C’est un patrimoine préhistorique exceptionnel... autant que méconnu. La Lozère abrite près de 400 dolmens dispersés sur tout le département, certains sur les crêtes cristallines des Cévennes, d'autres, plus au nord, aux portes de la Margeride, la plupart nichés sur les causses calcaires Méjean et de Sauveterre, à deux pas des gorges du Tarn. Bref, un véritable paradis néolithique.
D'où viennent ces vestiges d'un autre temps? «Grâce aux fouilles entreprises dès le XIXe siècle, on sait que les dolmens, édifiés entre 3500 et 2000 av. J.-C., étaient les tombes du peuple ferrérien venu du bas Languedoc», répond Bruno Marc, auteur d'ouvrages sur les mégalithes de la région. Plus mystérieux sont les 350 menhirs répertoriés en Lozère. «Certains délimitaient les territoires, mais, d'après les chercheurs, ces peiras plantadas (pierres plantées en occitan) avaient surtout une vocation religieuse», ajoute notre spécialiste. Ce qui est sûr, c'est que les mégalithes ont de tout temps frappé l'imagination populaire. Sur le causse Méjean, le dolmen de la Pierre Plate est supposé soigner la coqueluche; et on raconte que Combe-Lébrouse, le plus grand spécimen lozérien avec une dalle de couverture de 25 tonnes et une longueur dépassant les 6 mètres, était un tombeau de géant. Les menhirs, eux, évoquent souvent la fertilité, tel celui de Grizac, dans les Cévennes, censé rendre les femmes fécondes. Si la réalité a des vertus moins miraculeuses, elle reste spectaculaire, comme le montrent les secrets livrés par les pierres lors des fouilles. Dans la chambre du dolmen Valbelle, les restes de 13 personnes ont permis d'estimer que son utilisation funéraire avait duré au moins sept siècles. Quant au dolmen de la Nojarède, il révéla des crânes trépanés, preuve qu'à la préhistoire une chirurgie rudimentaire existait...
Bien des énigmes demeurent cependant. Ainsi, la Cham des Bondons suscite toutes sortes de théories, des plus sérieuses aux plus pittoresques. Avec 154 menhirs répartis sur 10 kilomètres carrés, le plateau cévenole balayé par le vent constitue la deuxième concentration mégalithique en Europe après Carnac (Morbihan). Voilà quatre mille ans, des blocs de granit provenant du mont Lozère ont été transportés sur cette terre calcaire, à l'ouest du massif, où ils furent plantés dans un superbe alignement. Qu'est-ce qui a bien pu motiver nos lointains ancêtres à charrier ces énormes pierres? Une offrande aux dieux? Selon Bruno Marc, «il faut effectivement donner à cela une signification religieuse dont la dimension nous échappe encore». Après avoir épluché les cadastres et les récits du cru, Jean Fossard, un habitant des Bondons, discerne, lui, l'œuvre de la «Vieille», une divinité païenne au ventre généreux qui régna sur la Lozère pendant des millénaires.
Aujourd'hui, un sentier balisé parcourt ce lieu chargé d'histoire, d'une beauté à couper le souffle. L'occasion d'admirer le point de vue incongru offert par les puechs des Bondons, deux cônes aux marnes noires truffés de fossiles dominant la vallée du Tarn. La légende dit que Gargantua fit naître les collines jumelles en décrottant ses sabots. Jean Fossard préfère y voir les mamelles de la «déesse mère». Deux seins magnifiques entourés par plus de 100 phallus granitiques! En pays lozerot, les menhirs n'ont pas fini de faire rêver !
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Commentaires

c normal, Obèlix passait toutes ses vacances içi !

Écrit par : pierrot le zygo | 22.01.2007

Tu en sais des choses Pierrot!!!

Écrit par : merise | 23.01.2007

Les commentaires sont fermés.