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26.12.2006

ORDRE DE LA JARRETIERE

EDOUARD III (1312 - 1377)
Honni soit qui mal y pense !

1347
C'est au cours d'un bal que la Comtesse de Salisbury, maîtresse du roi d'Angleterre Edouard III, perdit lors d'une danse la jarretière bleue qui maintenait son bas. Edouard III s'empressa de la ramasser et de la lui rendre. Devant les sourires entendus et railleurs de l'assemblée, le roi se serait écrié en français, alors langue officielle de la cour d'Angleterre : "Messieurs, honni soit qui mal y pense ! Ceux qui rient en ce moment seront un jour très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le rechercheront avec empressement."

Dès le lendemain, le roi aurait institué l'Ordre très noble de la Jarretière (the most noble Order of the Garter), ordre de chevalerie qui reste aujourd'hui encore un des ordres les plus prestigieux dans le monde. Son emblême est une jarretière bleue sur fond or, sur laquelle est inscrit la devise "Honni soit qui mal y pense". Ayant pour grand maître le roi d'Angleterre, cet ordre rassemblait à l'origine 13 compagnons. En 1805, le nombre de membres fut étendu à 25, qui se réunissent chaque 23 avril, jour de la saint George, dans la chapelle Saint George du château de Windsor.

LA JARRETIÈRE DE LA MARIÉE.
Entourant la cuisse de la mariée, ce ruban élastique, appelé jarrretière devient, en fin de soirée, un accessoire de mariage très convoité. Tous les messieurs se l’arrachent.

Une histoire controversée
Dans la Grèce antique, les demoiselles coquettes portaient au-dessus du genou un ruban de soie fermé par un petit bijou. Il ne maintenait rien car les bas n’étaient pas encore au goût du jour. Il servait juste à affoler la gente masculine qui l’apercevait. Plus tard, la jarretière servait à tenir les chaussettes des hommes et des femmes au-dessous des genoux. Mixte, elle était souvent en cuir, sans fanfreluche… L’ancêtre de l’élastique ? Certainement. La jarretière apparaissant au X° siècle, les femmes l’utilisèrent pour maintenir les bas qui remontaient au-dessus du genou et encore plus tard, jusqu’au milieu de la cuisse. Au fil des siècles, le tissu utilisé devint plus fin et plus léger. Elle prit la forme d’un morceau de tissu, puis d’un ruban de soie pour les plus aisées, d’une frise de tapisserie ou de broderie. Une rosette pour la fermer et le tour était joué, à resserrer, de temps en temps dans la journée. A la Renaissance, elle se couvre de quantité de dentelles, voire même de petits bijoux, devenant ainsi un accessoire encombrant. Elle perdit sa mixité au moment où les hommes quittèrent la culotte au profit du pantalon. Les femmes en restèrent seules bénéficiaires. Plus tard, elles conservèrent le port de la jarretière en pensant qu’elle donnait un coup de pouce à la conception. Objet d’érotisme et de convoitise, elle fut la première tradition à avoir été d’abord introduite à la campagne et diffusée en ville. Au début de son introduction nuptiale, la mariée devait porter le jour de ses noces une jarretière destinée à être dérobée pendant le repas par un garçon d’honneur, un célibataire ou un enfant. Parfois vendue aux enchères, l’argent revenait au couple. C’est d’ailleurs cette version qui est souvent reprise encore aujourd’hui. Le gagnant devait recevoir beaucoup de chance. S’il était célibataire, le mariage ne tarderait pas. La mariée, si elle ne se prêtait pas au jeu risquait de voir débarquer dans la chambre nuptiale tous les célibataires affolés… Quelle drôle d’idée ! Le doux ruban était découpé en autant de morceaux que de garçons célibataires. Chacun l’arborait fièrement à sa boutonnière. En Angleterre, la jarretière prenait une autre valeur. Ainsi détachée de la jambe gauche de la mariée, le vainqueur la passait immédiatement à la jambe de sa fiancée ou de celle qu’il aime en secret. Un signe de fidélité à toute épreuve de la demoiselle.

LA JARRETIÈRE DE LA MARIÉE. : La jarretière d’aujourd’hui
Dans les campagnes toujours, et à l’occasion de mariages populaires, le rite quelque peu misogyne de la jarretière perdure. Sur le principe des enchères, le jeu se déroule entre les hommes et les femmes de l’assemblée. La mariée est au cœur du sujet, accompagnée d’une femme, témoin ou amie. Les hommes, à coups de billets et de piécettes font grimper la cagnotte dédiée aux mariés et, de ce fait, obligent la mariée à remonter sa robe. Un enfant d’honneur passe entre les rangs avec une corbeille destinée à recevoir les dons. Oh, cachez cette jambe que l’on ne saurait voir ! Les femmes de l’assemblée participent de la même façon mais pour faire redescendre la jupe. Une guerre des sexes qui profite pleinement à agrémenter leur bourse pour le voyage de noces. Le vainqueur, toujours un homme aura la permission de dévoiler la jarretière. Il est sensé s’approcher de la mariée et lui enlever avec les dents. Un souvenir symbolique pour ce mâle, superstar de la soirée.

LA JARRETIÈRE DE LA MARIÉE. : Superstitions ou supercheries ?
Dans nos pays voisins, certaines coutumes persistent, terrorisent ou font sourire encore bon nombre de jeunes mariés. Une jarretière qui tombe est signe d’infidélité du conjoint, ou source de rupture annoncée. En revanche, une chute involontaire pouvait affirmer à une célibataire qu’elle allait très vite trouver mari. Une fille perdant sa jarretière au moment de la procession de la Vierge serait enceinte dans l’année, qu’elle soit ou non mariée. Une célibataire qui souhaitait rapidement se marier devait porter la jarretière d’une toute jeune mariée. Porter une jarretière tressée avec de la paille de blé annonçait la naissance d’un petit garçon. En paille d’avoine, il s’agirait d’une petite fille.

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