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17.03.2006

Allez on rêve un peu : quelques légendes d'ici

En Languedoc, existait un génie, le Drac, très friand de facéties. Il s'amusait à entrer, dès la nuit tombée, dans les étables, et à faire des farces à tous les animaux: tresser la queue des chevaux, détacher les vaches, les moutons…
Mais dès que sonnait l'angélus, le Drac partait.

En 1226, pendant la guerre des Albigeois, le roi Louis VIII vint en visite à Pézenas.

Il possédait une jument fort belle et qu'il chérissait particulièrement.

Seulement, il advint que cette jument favorite contacta une étrange maladie durant les fêtes offertes à l'occasion du séjour du souverain et à son départ, le roi dut se resoudre à regret à se séparer de sa monture préférée qu'il laissa dans les écuries du Château, en recommandant aux magistrat de la ville d'en prendre le plus grand soin.

A son retour, le monarque retrouva avec joie sa jument, non seulement guérie, mais également un poulain qu'elle avait mis bas.

Celui-ci fut présenté la tête ornée de feuillages et de rubans.

Charmé, Louis VIII désira, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, que la ville construise un poulain en bois et que celui-ci soit admis dans toutes les fêtes publiques.

Le boeuf de Mèze
En l'an 59 de notre ère, une famille pauvre vint s'établir sur les bords de l'Etang de Thau.

Elle possédait un boeuf pour la culture de ses terres, lequel s'avéra le plus beau et le plus fort des bovins de la contrée, il était admiré de tous.

Une fois l'animal disparu, on conserva sa peau comme une relique, laquelle fut étendu sur un mannequin de bois et soigneusement conservé. Cependant la peau s'abîma. On construisit alors un énorme boeuf fait de bois et de toile sous lequel se glissent ceux qui sont chargés d'animer cette carcasse puissamment charpentée.

Le cochon noir de Saint André de Sangonis
Les notables de Saint André de Sangonis réunis en assemblée plénière ne parvinrent point à se mettre d'accord lorsque fut venu le moment de choisir le Consul de la Cité.

Le plus ancien des villageois, Maître Boulidou, qui avait plus d'un tour dans son sac, proposa un moyen infaillible d'en élire un pour le choix duquel ils n'auraient qu'à se féliciter.

Il les fit s'aligner au bas de la grande place et leur assura que le Consul serait celui qui, le premier, cueillerait au vol une pomme qu'il s'apprêtait à lancer.

Or, la pomme, propulsée de main de maître vint choir près d'un cochon noir qui passait par là et qui n'en fit qu'une bouchée.

Que croyez-vous qu'il advint ? Ce fut le cochon qui fut nommé Consul !

La légende des pierres blanches à Sète

Si l'on en croit la légende, Neptune, le Dieu de la mer, avait une femme nommée Céto. Ce nom est aussi le nom occitan de la villa et ceux qui habitent sur cette colline "Lou Cétoris", les Cétoriens, sont devenus jadis les Cettois.

Il y a bien de siècles et bien des ans, Céto, une des filles de Neptune, montée sur une barque tirée par des dauphins, accostait dans l'anse du port de la Nau. Là, sur le sable de la grève, s'ouvrait l'entrée d'une grotte dont la fraîcheur permettait de subir sans désagrements les lourdes chaleurs de l'été.

Par des cheminements souterrains, cette grotte fabuleuse communiquait avec d'autres ouvertures dont l'une se trouve aujourd'hui encore à l'entrée du jardin du château d'Eau. Cette dernière est gardée par le Dieu Neptune armé de son trident ; aussi aucun Sétois n'oserait en violer l'entrée, de peur de s'attirer la colère du Dieu de la Mer.

Dans les temps très anciens, de cette grotte pleine de mystères sortaient Céto et ses trois filles : "Les Gorgones".

La promenade de Céto et de ses filles n'était pas sans intriguer les jeunes Cétoriens fascinés par la beauté de ces jeunes nymphes dont les voiles transparents plaqués sur leurs corps juvéniles par le souffle du Mistral dévoilaient leur irrésistible beauté.

Ces groupes de jeunes hommes aimaient suivre dans leurs évolutions la déesse et ses filles dansant dans la clairière, tandis que le Dieu Pan jouait de la flûte.

Les filles de Céto trop souvent importunées par la présence de leurs soupirants, ne supportèrent plus un jour d'être suivies dans leurs promenades nocturnes, et décidèrent de se venger, non sans avoir donné maints avertissements à leurs jeunes admirateurs.

Par une nuit de pleine lune, une des trois soeurs nommée Méduse, irritée d'être sans arrêt l'objet de l'admiration des habitants de l'île, se retourna brusquement au milieu de la clairière, et aussitôt de nombreux soupirants furent "médusés" et transformés en pierres, qui, sous la clarté argentée de la lune, prirent aussitôt la couleur des embruns qui surmontent les vagues de l'Etang de Thau, les jours de Mistral.

Depuis lors, les corps transformés en pierre de ces premiers Sètois, un peu trop curieux et un peu trop admiratifs des filles de la Nymphe Céto, continuent à blanchir au soleil sur cette partie de la colline que les habitants de la ville de Sète appellent désormais : "Les Pierres Blanches".

La bouteille torsadée de Frontignan
La légende rapporte qu'Hercule ayant bu du Muscat de Frontignan, trouva ce vin si à son goût qu'il voulut extraire la dernière goutte de la bouteille.

Pour ce faire, il tordit celle-ci dans ses puissantes mains.

Les Pattes Rouges de Sérignan
Il y a fort longtemps, au début du siècle probablement, les Sérignanais étaient gratifiés par les joyeux drilles des villages voisins d'un surnom pour le moins coquin : "Les Pattes Rouges".

D'où leur venait ce sobriquet qui évoque irrésistiblement un échassier haut perché ? En voici la version suposée :

Les vignerons sérignanais qui ne voulaient pas boire de la piquette avaient planté dans les salants, un cépage très précoce, donnant un grain très petit et très rouge, "Le Petit Bouchet".

Dans les caves de ce temps là, pas de moteur, pas de foule, pas d'égrappoir. Les vendangeurs apportaient les comportes et vidaient le raisin dans un bac immense appelé : Trel.

Les pantalons roulés jusqu'aux genoux, ils foulaient allègrement les grappes, dont le jus de la treille s'écoulait écarlate. Déambulant dans les rues de Sérignan les jambes pourpres, "Pattes rouges" devint leur surnom et aujourd'hui encore, avec plus de dérision que d'égards, les Sérignanais portent ce sobriquet.

Commentaires

Merci pour ces légendes qui font rêver et que peu de personnes doivent connaître

Écrit par : ulysse | 17.03.2006

tu connais pas celle du zygo à lodeve

Écrit par : pierrot le zygo | 17.03.2006

Non allez raconte! d'ailleurs je n'avais jamais entendu parler de toi. Je parlais de ton blog à une commerçante de Frontignan et celle-ci avait entendu parler de toi et de ta vache. tu sais que la vache qui rit est jurassienne, comme moi? Elle est de Lons le Saunier, comme moi, patrie de Rouget de Lisle.

Écrit par : merise | 17.03.2006

Claude Joseph Rouget de l'Isle officier et compositeur, né effectivement à Lons le Saunier (1760) et mort à Choisy le Roi (1836). Il écrivit les paroles et peut être la musique du "Chant de guerre pour l'armée du Rhin" (la Marseillaise). Franc Maçon il a appartenu à la loge "les frères discrets" de Charleville.
Merci merise pour les légendes...un vrai bonheur

Écrit par : JLG | 18.03.2006

hé merise, on voit plus le ché, j'espère qu'il n'a pas fini comme le vrai

Écrit par : pierrot le zygo | 18.03.2006

Né le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier, fils de Claude Ignace Rouget et de Jeanne Madeleine Gaillande, Claude Jospeh Rouget de Lisle est l'aîné d'une famille de 8 enfants (5 garçons et 3 filles dont il est l'aîné). Sa naissance dans cette ville est surtout le résultat d'un cas fortuit, car ses parents habitent en fait à Montaigu petit village distant de 2 kms. Sa mère est descendue au marché hebdomadaire de Lons-le-Saunier, enceinte elle est prise de douleurs et accouche sur place dans une maison amie.

Écrit par : merise | 18.03.2006

En plus d'être humoriste Pierrot, tu lis dans les pensées! j'ai allumé mon ordi ce matin en me disant que j'allais mettre un commentaire ou une note pour demander où est passé le Che qu'on le voit plus!

Écrit par : merise | 18.03.2006

en tout cas, Ché pas ou il est?

Écrit par : pierrot le zygo | 18.03.2006

merci pour les légendes. J'ai fait une copie à ma mère qui a des origines sétoises. Elle est enchantée mais voudrait SVP connaitre tes sources. Merci d'avance

Écrit par : JLG | 18.03.2006

Le web est une vaste encyclopédie. Mes sources viennent du web. Je fais mes recherches sur internet pour mon boulot de guide et ai trouvé, par hasard, ces légendes. Je ne me souviens plus du nom du site.

Écrit par : merise | 18.03.2006

je me désespére de ne pas pouvoir lire tes notes plus souvent. De nombreux combats m'appellent.LE CHE

Écrit par : LE CHE | 19.03.2006

La "guerre" n'attend pas!

Écrit par : merise | 19.03.2006

Les commentaires sont fermés.