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12.03.2006

Sarko parle créole!





"Yo di moin moin kayé...coq djiem pa ka kayé. Mi moin epi zot", a lancé en créole le numéro deux du gouvernement.

Une formule qui signifie: "On dit que j'ai eu peur (de venir aux Antilles). Mais les coqs de combat n'ont pas peur. La preuve, c'est que je suis avec vous."

Un petit rappel sur la naissance de la langue créole :
Le terme de créole possède deux étymologies, l'une portugaise ( Par la suite, le mot créole a été employé pour désigner la population noire — on parle alors de «Créoles de couleur» — et, par voie de conséquence, la langue de cette population, le créole. Le mot a même été étendu aux animaux et aux objets : les vaches, les poules et le café pouvaient être créoles, à la condition qu'ils proviennent des colonies. Être créole, c'était donc, avant tout, naître sur les terres des colonisateurs. Le mot créole a longtemps été utilisé en ce sens en Louisiane et l'est encore aujourd'hui: les «Créoles blancs», généralement des membres de riches familles propriétaires de plantations. Ce terme s’opposait à la notion d’«étranger à la culture locale». Évidemment, aujourd'hui, le substantif créole est employé, avec des sens divers, pour désigner des personnes, mais il s'applique surtout à des langues mixtes
L’origine de la formation des créoles est relativement simple, bien que, dans ce domaine comme dans d'autres, nous n'avons pas de réponses absolument sûres. Les créoles ne se sont pas formés dès l'apparition de l'esclavage, mais un peu plus tard, lorsque les plantations se développèrent et firent appel à une main d'oeuvre massive. On croit que les premiers esclaves, alors encore peu nombreux, durent apprendre, en une année tout au plus, le français, le portugais, l'espagnol ou l'anglais, selon le cas. Cette langue que les esclaves apprenaient ne devait pas être rigoureusement identique à celle de la Métropole, car les colons eux-mêmes n'employaient guère la langue de la Cour dont ils dépendaient. De plus, il est certain que les Noirs apportèrent d'importantes modifications à la langue de leurs maîtres.
Puis le développement rapide de l'économie de plantation bouleversa tout. L'importation massive d'esclaves venus de plusieurs régions de l'Afrique changea la donne. Les nouveaux arrivants se trouvèrent dans l'impossibilité de communiquer entre eux dans leur langue maternelle. D'une part, les règlements en vigueur dans les entrepôts d'embarquement et dans les plantations interdisaient le recours aux langues des Noirs, d'autre part, les «voisins de labeur» parlaient rarement la même langue, car ils provenaient de régions ou d'ethnies différentes. Dans ces conditions, les esclaves durent utiliser la langue du maître, mais ils n'y avaient qu'un accès déformé et limité. Ils n'apprenaient que des mots transmis par des ordres donnés par des Blancs ou des esclaves arrivés les premiers et auxquels les colons avaient délégué des responsabilités. Lentement, d'approximations en interprétations et en appropriations de stratégies, qui transformèrent la langue de base, la langue des Blancs subit de tels changements qu'elle se transforma en une autre pour devenir un créole.
Bien qu'ils n'aient pas été en mesure d’apprendre la langue des maîtres blancs (négriers ou planteurs), les esclaves s’appropriaient en général les mots et les sons de ceux-ci tout en recourant à la grammaire et aux notions qu'ils connaissaient dans leurs langues d'origine. Les créoles sont donc dérivés à la fois des langues des maîtres et des langues africaines (en général) parlés par les travailleurs asservis. Les créoles sont donc des langues, au sens linguistique du terme: ils servent à la communication au même titre que le français ou l'anglais, tout en ne partageant pas le même prestige.

Commentaires

très intéressant cet article sur l'origine et le sens du mot créole..Quant à Sarko, si lui même se prend pour un coq il risque de faire fuir les électeurs vu le risque de grippe aviaire !

Écrit par : ulysse | 12.03.2006

si les viticulteurs l'attrape ce sera un coq au vin

Écrit par : pierrot le zygo | 12.03.2006

Oui effectivement, je n'avais pas pensé à la grippe aviaire, bonne déduction Ulysse! un petit coq au vin du jura : ca c'est fameux!

Écrit par : merise | 12.03.2006

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