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07.03.2006

PORTAIT D'UNE FEMME CELEBRE : Lucie AUBRAC

Lucie Aubrac est née le 29 juin 1912, et son mari Raymond le 31 juillet 1914. La vie de cette fille de maraîchers semble marquée du sceau du refus et de la quête de liberté. Après de brillantes études qui la menèrent à passer avec succès le concours d'entrée à l'École Normale, elle se destine à devenir institutrice. Déjà, elle refuse l'uniforme et l'univers carcéral de l'internat et choisit, à 17 ans à peine, de s'installer à Paris et de gagner se vie en faisant la "plonge" dans un restaurant.

Son engagement militant de femme et de citoyenne la pousse à rencontrer de jeunes partisans communistes et à vendre des journaux contestataires. Pourtant, réfractaire à toute forme d'embrigadement ou de conformisme, elle refuse de suivre les cours de l'école de Moscou.

Les douleurs de son temps
Lucie Aubrac est une jeune femme durant l'Entre-Deux-Guerres, mais elle perçoit avec force les douleurs de son temps. Au contact de jeunes polonais, hongrois, roumains et allemands, elle prend conscience du danger du fascisme et de ses méthodes. Le choc est plus dur encore lorsqu'elle se rend en Allemagne à l'occasion des Jeux Olympiques de 1936 et y découvre les premiers ravages de l'antisémitisme nazi.

Les études
Parallèlement elle poursuit ses études, obtient son bac, deux certificats d'histoire et de géographie à la Sorbonne, puis l'agrégation d'histoire. Elle est alors nommée professeur à Strasbourg où elle rencontre Raymond Samuel, alors jeune ingénieur des Ponts et Chaussées. Mettant pour un instant les malheurs du temps de côté, les deux jeunes gens sortent, dînent, dansent et tombent amoureux.

La sinistre réalité
La guerre se charge pourtant de les rappeler à la sinistre réalité. En juin 1940, la France humiliée signe l'armistice avec Hitler et le gouvernement de Vichy ouvre la voie de la collaboration. Dans l'ombre et la clandestinité, une autre voie s'ouvre, celle de la Résistance, dont Lucie et son mari furent deux figures majeures.

Le refus de la défaite
Immédiatement, ils choisirent le refus de la défaite et s'engagèrent dans la Résistance à Lyon en contribuant à la création du mouvement Libération-sud. Raymond devint alors membre de l'état-major de l'armée secrète de Delestraint. Arrêté puis relâché le 15 juin 1943 par la milice, il fut à nouveau arrêté par la Gestapo le 21 juin 1943 à Caluire, avec Jean Moulin.

Une fois de plus, Lucie refusa de se soumettre et de laisser son mari entre les mains de tortionnaires. A la tête d'un commando armé, elle mène une opération militaire pour le faire libérer. Après le succès de cette opération, les deux époux quittèrent la France en février 1944 pour rejoindre De Gaulle à Londres, puis à Alger.

A la fin de la guerre, elle fut chargée de la mise en place des comités départementaux de libération, puis déléguée à l'Assemblée Consultative. Raymond devint le plus jeune commissaire de la République (1944-45) puis entra au ministère de la Reconstruction et s'occupa du déminage du pays (1945-1948)

Refusant de se servir de son passé d'héroïne de la Résistance pour faire une carrière politique, Lucie Aubrac reprit ses activités d'enseignante et de femme engagée, au Maroc et durant la guerre d'Algérie.

Plus de 50 ans après, Lucie Aubrac reste toujours aussi consciente et sensible aux maux qui nous entourent. Elle parcourt la France pour montrer aux plus jeunes que la Résistance ne doit pas se limiter aux périodes de guerre. Résister, refuser, être prêt à monter en première ligne pour défendre sa liberté est un acte de citoyenneté. En temps de paix, c'est le vote qui confère à tous cette chance de pouvoir donner son avis. Il faut donc en faire bon usage.

Un témoignage tel que celui-ci est ce qu'il y a de plus précieux pour un historien. Souvent, notre travail se résume à des écrits lointains et des encyclopédies poussiéreuses mais ici, le XX ème siècle nous rend visite. Madame Aubrac en est le symbole parfait: elle a connu les atrocités, les crimes et les pires extrémités du siècle dernier mais ne les a jamais tolérés. Refusant l'abrutissement des masses ou les fatalités du temps, elle est aussi la preuve que le XX ème siècle fut porteur de courage, d'honnêteté et d'idéaux.

Jeune femme de l'Entre-Deux-Guerres, héroïne chevaleresque de la Résistance et femme moderne de l'après guerre, Lucie Aubrac est une référence historique et un modèle pour la cause des femmes. Pour les générations protégées de l'après guerre, elle incarne, avec force, le choc de l'histoire.

Commentaires

Ca n'a rien du tout à voir avec votre post, mais connaissez-vous http://www.commentcamarche.net/merise/concintro.php3
C'est une méthode de conception....

Écrit par : questionsouvertes | 07.03.2006

Non, je ne connaissais pas. Voici la définition "pompée" sur le site que vous indiquez :
MERISE est une méthode de conception, de développement et de réalisation de projets informatiques. Le but de cette méthode est d'arriver à concevoir un système d'information. La méthode MERISE est basée sur la séparation des données et des traitements à effectuer en plusieurs modèles conceptuels et physiques.
La séparation des données et des traitements assure une longévité au modèle. En effet, l'agencement des données n'a pas à être souvent remanié, tandis que les traitements le sont plus fréquemment.

La méthode MERISE date de 1978-1979, et fait suite à une consultation nationale lancée en 1977 par le ministère de l'Industrie dans le but de choisir des sociétés de conseil en informatique afin de définir une méthode de conception de systèmes d'information. Les deux principales sociétés ayant mis au point cette méthode sont le CTI (Centre Technique d'Informatique) chargé de gérer le projet, et le CETE (Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement) implanté à Aix-en-Provence.

Écrit par : merise | 07.03.2006

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