24.06.2008

Mes journées à Tours

Enfin quelques jours de repos. Habituée aux journées de douze heures, sinon plus, de boulot, je me sens complètement livrée à moi-même dans cette ville que je redécouvre après dix ans.

J'ai habité Tours durant deux ans, de fin 1996 à juillet 1998 : date de mon départ pour la Guadeloupe. Je vivais avec mon mari et mon fils. Mon mari était (et l'est toujours) mécanicien hélicoptère (celui qui treuille les secouristes en mer ou en montagne) un beau métier mais qui malheureusement ne fait pas l'homme. Du héros parfois considéré par les uns et les autres, il n'était qu'autorité, mesquinerie, coureur et imbu de sa personne, au point de nous rabaisser, notre fils et moi-même. Nous n'étions que des nuls. Sans nouvelle de lui durant plusieurs années (après l'avoir quitté dès notre retour de Guadeloupe), celui-ci ne pouvait que me dénigrer, moi qui ai eu la "prétention" de le quitter, lui ! incroyable... Un jour, le jour de mes cinquantes ans, je reçus un appel, une voix d'homme inconnue qui me souhaitait un joyeux anniversaire... lui ! Nous avons discuté simplement, naturellement, il avait bien changé... comme le bon vin, il s'est bonfié en vieillissant. Il a établi de meilleurs rapports avec son fils et j'en suis heureuse.

Chouchou part au travail à 7h et demie du matin et rentre tard le soir, il a, énormément, de travail mais n'oublie pas de me téléphoner plusieurs fois par jour pour me dire et redire son amour. je vais épouser un Ange, le 12 juillet, nous nous marions, un vrai mariage d'amour avec le prince de ma vie.... Ce jour-là, nous aurons à nos côtés nos enfants qui sont tout contents de notre union.

Une nouvelle vie dans cette ville qui a vu les prémices d'une rupture annoncée et qui cette fois-ci, sera le lieu d'une vie de complicité, d'amour...

15:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

22.06.2008

La stagiaire de Momo

Petite jeune fille frêle, aux cheveux et yeux noirs, elle débarque dans cet hôtel trois étoiles, dans ce Lubéron fréquenté par les célébrités.

Je l'aperçois de temps à autres dans notre réfectoire 4 étoiles, elle est stagiaire, prépare un BTS tourisme. Son maître de stage est Momo. Préoccupée par mes groupes, par les colères, ordres et contre-ordres de Momo, je ne fais pas très attention à elle, je l'avoue...

Elle montera dans l'autocar de "Je me la pète" où elle apprendra la prétention et la suffisance d'un maître d'école qui parle à ses élèves (nos chères têtes blanches) des châteaux à motte (?!) et des romains...

Puis, la voilà dans mon autocar où elle écoutera avec amusement (et retiendra) comment se reproduisent les scorpions, le confisage des fruits, le travail des ocriers dans les galeries ou mines à ciel ouvert, la folie des grandeurs des papes d'Avignon... Elle est enchantée ! N'a plus envie de monter dans le car de Momo qui lit à la virgule près les informations pêchées sur internet des offices de tourisme de la région, n'a plus envie de monter dans celui de "je me la pète" qui la dénigre, lui parle d'un ton suffisant, la ridiculise devant les clients...

Nous partons une demi-journée de repos à Avignon où nous mangerons un couscous (très local ! mais fameux) dans un restaurant qui donne sur la place de l'horloge... Nous avons sympathisé, bien rigolé.... Candy est devenue mon amie, ma petite soeur....

Voici le jour de mon départ pour 9 jours de repos (juste un autocar à l'hôtel pour Momo), convoquée par Momo qui a demandé l'assistance du directeur de l'hôtel, elle se fera incendier par notre chef alcoolique, lui reprochant notre bonne entente, de se faire manipuler par moi pour le dénigrer, qu'elle se moque de lui... et j'en passe et des meilleures... Le directeur essaiera de la consoler, lui dire de rester, de ne pas faire de cas de Momo... Je suis partie, un peu en retard, attendant Candy qui raconte ses soucis au grand patron... Aurevoir Candy, à bientôt....

Une heure après mon départ, je reçois sur mon portable un texto : "je suis partie, je suis dégoutée, je ne suis pas une fainéante, je sais ce que je vaut..." Mais oui, Candy, avec tes très bonnes notes et appréciations de tes professeurs, tu peux être sûre que tu n'es pas une fainéante, bien au contraire une bosseuse, tu es faite pour ce métier, agréable comme tu es... Courage ! Oublies ton maître de stage, Momo l'alcoolo et les "Je me la pète".... Si tous les misogynes et cons comme eux défilaient, il n'y en aurait probablement pas beaucoup pour les regarder passer....

18:00 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

17.06.2008

Notre réfectoire 4 étoiles !!!

Quels moments de détente et de plaisir avons-nous lorsque nous entrons dans cet espace éclairé de néons, dans le sous-sol d'un hôtel trois étoiles...

Attention à la tranche de courgette qui traîne au sol depuis trois jours, les résidus d'huile d'olives et les belles traces noires sur le carrelage qui fut blanc jadis !!!

La fenêtre sans vitre nous donne une vue incomparable sur le ballet (ou le balai...) incessant de Linda, la gouvernante et toute sa troupe poussant des chariots de linge ou des aspirateurs. Prise d'un désir d'évasion, nos regards se portent au ciel et se posent alors sur le faux-plafond aux plaques cassées, aux fils électriques qui pendent....

Enfin, nous allons manger : nous nous appretons à nous installer, lorsque à notre grande surprise, la table nous invite avec enchantement avec ses mille et une miettes de pain, ces traces de gras, ses croûtes de fromage, notre Momo avec sa charmante compagne sont passés par là... les assiettes entassées dans l'évier laissées à l'abandon témoignent de leur bref passage.

Nous apprécierons notre repas composé en entrée de salade clônée depuis le début de la saison, de poisson pas cuit, de merguez saignantes et de pâtes sans sel. Au dessert, le chef nous propose les restes d'un gâteau d'un mariage passé il y a trois jours, des yaourts périmés dans le frigo et des fruits pourris dans la corbeille. Il nous arrive à avoir des repas de fête avec assiettes préparées sous cellophane qui correspondent aux délicieux mets de nos chères têtes blanches, du plateau de fromages complet, de petites patisseries laissées par les clients (il ne faut rien jeter !) Nos repas seront arrosés d'un cru millisimé Chateau la pompe au goût incomparable de pastilles anti-calcaire. Surtout ne pas oublier de faire couler l'eau durant cinq minutes et trente deux secondes avant que celle-ci ne soit potable !

Nos charmants moments de détente se dérouleront dans une ambiance de plaisanteries grivoises des techniciens de service, des apparitions colériques de notre Momo, de la tête ridée de sa charmante compagne qui ne déparerait pas avec l'image d'une momie égyptienne, de notre intellectuel de service à l'humour subtil, dit "Je me la pète" qui a repris ses bonnes vieilles habitudes de donneur de leçon. L'agréable musique de fond est jouée par les mouches qui virevoltent au dessus de nos assiettes, n'hésitant pas, les impudentes, à caresser nos visages détendus.

Nous avons toujours bon appétit en respirant les fragrances subtiles de pisse de chien, de remontées d'égoûts et d'odeurs de cuisine...

Nous nettoyons notre table conscencieusement et nous empruntons la montée d'escalier encrassée pour apporter nos assiettes à la plonge, croisant sur notre chemin notre directeur coiffé de sa toque blanche que nous saluerons sans que celui-ci daigne nous regarder...

22:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

15.06.2008

La déontologie de Momo

Jour de repos : ouf ! je vais pouvoir m'occuper de moi, quelques instants à passer chez la manucure et faire du shoopping.

Depuis ce matin, j'ai mal aux dents, la douleur irradie jusqu'au crâne. Tant pis, cela passera ! N'ai pas envie de passer mon temps de libre si rare chez le dentiste...

Chez la manicure, la douleur devient plus intense, je me rends au cabinet du dentiste qui est situé juste à l'étage du même bâtiment, un abcès... Antibiotiques pour la semaine !
De retour, je croise Maurice furibond, je n'ai pas dit aurevoir à mon groupe ce matin, c'est-à-dire porter les bagages et récupérer les clefs à 6h du matin et de plus je n'étais pas là à 16H45 à l'arrivée de mon groupe ! un jour de repos !!!!

Il me parle de déontologie du métier ! Enervée, je lui assène que la déontologie fait qu'il ne devrait pas être bourré avec ses clients, que tout l'hôtel est informé de son alcoolisme et que je suis bien contente de finir ma saison, de l'écourter en ne revenant pas au mois de septembre et octobre...

De mon groupe parti, il ne restera que quatre fiches d'appréciations tout à fait neutres, les fiches d'appréciations critiquant Momo et me félicitant ont disparu, interceptées par la compagne de Momo employée à la réception...

Vous avez dit Déontologie !!!!

19:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

09.06.2008

Au revoir le groupe d'Enghien

Ils sont partis... Le premier jour, Je vois débarquer le groupe avec trois accompagnatrices, l'une l'air revêche, limite matronne qui gouverne son petit monde de papys mamies, une autre hautaine, froide et la troisième, infirmière attachée à une personne très limitée intellectuellement.
M'inquiètes ces trois là ! En général, quand il y a un accompagnateur, ce n'est pas très bon, il veut s'imposer, conteste beaucoup de choses...
Bon, on fera avec !
Les premiers temps, c'est la méfiance réciproque, puis les visages deviennent plus souriants, le dialogue s'instaure, nous déjeunons ensemble au restaurant des Baux et échangeons quelques confidences de femmes... Maguy me dit son aversion pour Momo, c'est physique me dit-elle, elle ne supporte pas ses familiarités, sa vulgarité, son aspect d'avoir toujours un coup dans le nez, bref, elle n'assistera à aucune animation sauf celle du loto organisé par mon collègue Nico et moi.
Le soir du départ, elle me fera la bise, le regard triste.
Le lendemain, je lis avec intérêt les fiches d'appréciation, les commentaires sont très élogieux sur ma prestation, Momo est déglingué sur toutes (animations limites, vulgarité, alcool, tout est dit...) Une petite satisfaction personnelle !!! Bientôt la quille !!!

21:22 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

01.06.2008

Mon matelas !!!

Tiens, voila le gars du service technique qui frappe à ma fenêtre de chambre-garage. Que veut-il ? Je viens chercher ton matelas ! Une mauvaise blague ? Et bien non, une cliente s'est plainte de son matelas et "on" a eu la bonne idée de venir chercher le mien en échange standard...
En début de saison, on était déjà venu chercher le téléphone installé au chevet du lit... Que me prendra-t-on la prochaine fois ????
La saison continue... Momo toujours aussi confus me parle en termes sybillins du discrédit auprès des professionnels du tourisme que s'appretent à faire mon patron et mon directeur. Le croire ? J'ai photocopié de nombreuses fiches d'appréciations élogieuses me concernant et constitue de ce fait des preuves irréfutables de satisfaction de la clientèle. Mon dernier groupe est parti enchanté de mes commentaires, laissant de nombreuses fiches élogieuses à mon égard.
Je n'arrive pas à croire Momo, que me reprocherait-on ? Toutes les personnes que j'ai accompagnées sont satisfaites, voire très satisfaites, j'aide activement au portage des bagages (sauf le matin du jour de repos), j'aide à chaque dégustation d'apéritifs concotés par le directeur (j'ai acheté une bouteille et n'ai eu qu'un euro de remise), je participe activement à de nombreuses animations de soirée... J'interroge à droite et à gauche le pesonnel de l'hôtel qui semble étonné d'une pareille attitude des patrons... Ils n'y croient pas beaucoup !

Suite au prochain programme...

19:20 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note